



L’engagement d’un « écophotographe »
Depuis plusieurs années, Gilles Martin s’est engagé dans
un projet qui dépasse le cadre de la photographie pour toucher celui
de nos consciences. Son ambition : créer, à l’aube du
IIIe millénaire, une « Arche de Noé photographique
planétaire » ; photographier, avant qu’il ne
soit trop tard, la faune sauvage en danger ; témoigner de ces espèces
rares et menacées inscrites sur la « Liste rouge » de
l’UICN.
Cette démarche d’envergure, initiée dans la décennie
90, n’a pas d’équivalent, tant sur la couverture géographique
que dans la diversité des espèces photographiées. Un
travail de fond planifié sur plusieurs années et sur tous les
continents du globe. Gilles Martin s’est assigné un but : utiliser
la photographie, son pouvoir d’émerveillement et sa capacité à informer
pour donner l’alerte. Ses images accueilleront toutes les beautés
du monde vivant, mais elles iront au-delà de la célébration
esthétique : elles montreront sa fragilité, elles feront appel à la
responsabilité humaine.
L’urgence d’une cause
Au cours de sa longue histoire, la planète bleue a déjà connu
cinq extinctions de masse, dont la plus célèbre sonna le glas
des dinosaures. La 6e extinction de masse à laquelle nous assistons
en ce début de XXIe siècle est due exclusivement à l’impact
d’une espèce dominante sur son environnement : Homo sapiens.
Actuellement, 27 000 espèces disparaissent chaque année, 74
par jour, 3 par heure. Une espèce animale ou végétale
est rayée de notre planète toutes les vingt minutes !
Comprendre la biodiversité
Néologisme apparu au cours des années 1980, le terme “ biodiversité ” s’est
imposé au Sommet de la Terre de 1992.
Il désigne la diversité biologique,
autrement dit l’ensemble des espèces vivantes, leur variabilité génétique
et la diversité des écosystèmes qu’elles forment,
c’est-à-dire des liens qui les unissent entre elles et à leur
milieu naturel.
Or, nous sommes confrontés à une importante crise de la biodiversité liée à l’évolution
de nos modes de vie. La vitesse, les causes et les conséquences de ce
phénomène restent discutées.
Depuis la signature de la Convention internationale de la diversité biologique,
en 1992, et sa ratification par 175 pays, le monde s’est engagé à réduire
significativement son érosion… avec une efficacité toute
relative.
Avec l’eau, l’énergie, la santé et l’agriculture,
la biodiversité figurait parmi les cinq piliers du développement
durable retenus par l'Organisation des Nations Unies en préparation
du sommet de Johannesburg, en 2002. Mais il est difficile d’en estimer
la valeur et les connaissances à ce sujet n’en sont qu’à leurs
balbutiements. On estime ainsi qu'environ 10 % seulement des espèces
existantes sont connues, soit entre 1,3 et 1,5 million d’espèces
décrites pour 10 à 30 millions d'espèces vivantes.
Une chose est sûre néanmoins : notre existence est inextricablement
liée à la diversité des espèces vivantes, source
de nombreux services écologiques dont nous bénéficions
indirectement (nourriture, médicaments, textiles, matériaux de
construction…).
